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BardeFou

Un Barde est plus qu’un musicien, compositeur ou conteur de la mémoire collective d’un peuple. Il traverse les frontières de la fantaisie et exprime cette fantaisie dans sa propre réalité.

BardeFou

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Groupe de musique traditionnelle québécoise et celtique
February 03

LE PLAISIR DE JOUER DEHORS

Quand j’étais petit, ma mère nous envoyait, ma sœur et moi, jouer dehors. Bon pour la santé, disait-elle.

En vieillissant, je pensais bien m’en tirer. Et bien non ! C’est maintenant notre agente de spectacle qui nous envoie jouer dehors.

Le 31 décembre, on a eu le plaisir et l’honneur de jouer aux Fééries du Vieux-Montréal. Nous cassions l’année en spectacle de 23h à minuit et de 00 10  à 00 40.

En soi, un agréable spectacle, fringuant et plein de folies, devant 30 000 personnes dixit l’organisateur en chef. Je vous le dis tout de go, ce chiffre n’est pas de moi.

Le seul petit hic, c’est que la foule se tapait un très chaleureux -28C alors que nous, sur scène, nous nous prélassions, bien au chaud à…-15C.

Autant on a eu peur pour nous, pour nos instruments, autant l’accueil et l’enthousiasme de la foule nous ont portés et ont fait de ce spectacle une merveilleuse soirée. Pis on s’est fait plein de nouveaux amis qui se sont inscrits aux Amies et Amis de BF, sans compter les demandes de CDs. Des amies et amis d’ici jusqu’au Texas. Fiouuu!! Lui y’a dû trouver ça un brin plus frais que par chez-lui!! Mais il m’a écrit que c’a été son plus beau jour de l’an. Comme quoi…

Robert

CALGARY ou le plaisir de jouer pour des Anglophones

Nous sommes allées présenter un concert au Calgary Folk Club. Ils en présentent 12 ou 13 par saison. Ils reçoivent plus de 400 demandes de partout autour du monde. C’est en outre le plus grand folk club au Canada.

Nous n’avions aucune idée sur l’organisation, le public, l’ensemble de l’événement. Mais au fur et à mesure de nos contacts avec eux, nous nous sommes vite rendu compte que ça ne faisait pas 37 ans d’existence pour rien ! Quelle organisation efficace et formidable ! On a été pris en charge avec une gentillesse et une redoutable efficacité. Magnifique hôtel, véhicules fournis, soutien technique. Tout était parfait.

Le Calgary Folk Club se définit comme et je cite -a listening concert venue. Les gens sont là pour écouter et croyez-moi, ils écoutent.

Autant nous ne savions pas à quoi nous attendre, autant eux ne savaient pas qui nous étions et ce que nous jouions. Et bien, ça été une fusion totale, une soirée totalement folle, sous le signe de l’humour, de la musique et de la chanson. Non seulement, ils ont écouté mais aussi chanté presque en français, se sont levés pour danser sur place, ce qui constituait une première en 37 ans nous ont avoués les organisateurs. Ils étaient aux anges. Et nous aussi il va sans dire.

Toutes les présentations ont été faites en anglais et je dois avouer que j’avais l’air d’un stand-up comic doublé d’un story teller. Un moment magique je dois bien l’avouer.

C’était salle comble. 354 billets de vendus sur 360 disponibles. Plus tous les bénévoles. Nous y retournerions n’importe quand !

 Nous mettrons des photos bientôt dans la section photo.

Si jamais vous allez à Calgary, informez-vous des concerts prévus à ce Folk Club. Ils présentent une programmation vraiment superbe. De tout.

Robert

MENUHIN ET LE FOLKLORE

Sarah nous fait parvenir cette pensée de Yehudi Menuhin.

 "Les différentes musiques de folklore, particulièrement celles des peuples qui sont tristement en voie de disparition, c'est à nous de les assimiler, de nous laisser inspirer par ce qu'elles ont de propre, par leurs caractéristiques, et permettre ainsi à ces musiques une nouvelle réincarnation à travers l'imagination créatrice des musiciens qui peuvent tout jouer."     Yehudi Menuhin

 Ce génial musicien, pas du tout reconnu comme musicien de musique traditionnelle, nous montre jusqu’à quel point la musique traditionnelle est importante et qu’elle se situe à l’égal de toutes les musiques. Impossible d’ignorer quel respect ce grand artiste manifeste à l’égard de l’essence musicale de chaque peuple, de chaque tradition culturelle. Impossible de même d’ignorer l’importance créatrice que ces musiques ont à ses yeux. Si seulement tout le monde avait la même vision…

Sarah nous conte...La fille du luthier 3

Je ne me souviens plus exactement d’où lui est venue l’idée de fabriquer une nouvelle sorte de violon. Il possédait quelques livres de lutherie dans lesquels étaient illustrés des instruments datant du Moyen-âge. Il y avait, entre autres, plusieurs exemples de pochettes et de viole d’amour. Mon père a fabriqué un premier prototype mêlant la forme de la viole d’amour avec les cordes sympathiques du violon hardenger (norvégien).  Les ouïes étaient sculptées en forme de flamme, les filets étaient doubles et tressés, le verni était d’un brun pâle traditionnel. Peut-être même était-ce un alto. Étant donné qu’aucune corde de violon ne se rendait d’un bout à l’autre du manche dont la tête comportait huit chevilles, mon père décida d’installer des cordes de guitare classique et d’utiliser les trois les plus graves.

 C’est à partir de ce moment-là que j’ai vraiment eu conscience des multiples harmoniques sollicités par une note, que ce soit sur un violon normal ou sur ce prototype. C’était comme si l’instrument résonnait en permanence dans une cathédrale, comme si les harmoniques étaient suspendus « autour » de la mélodie jouée. C’était de l’ouvrage un instrument comme celui-là. D’ailleurs, il n’en a fabriqué que deux, le deuxième étant le mien, car j’ai insisté pour le lui acheter afin de pouvoir pyrograver des dessins de plantes, d’elfes et de triskèles sur les deux tables d’harmonie, et le finaliser par un verni rouge flamboyant. Alors qu’il était encore sur le bois, j’ai passé deux heures à regarder la caisse de résonance, la peur de commettre des erreurs dans les dessins me hantant. Le résultat est bien, mais j’ai rapidement abandonné l’idée de faire des ombrages.

Ensuite, il a essayé de fabriquer une pochette. J’en avais ramené une que j’avais achetée sans trop savoir ce qu’elle valait. Elle était drôlement montée, les cordes reposant sur un chevalet avec des morceaux de métal sur le dessus, des chevilles en clou de fer à cheval, un corps sculpté en un morceau dans lequel on peut encore voir les coups de rabot, des petits « minous » au bout des cordes...

 Mon père était complètement exaspéré. Moi qui pensais bien avoir évalué l’instrument, l’âme était tellement longue qu’elle était en train fendre la table d’harmonie, la touche était en train de se décoller du manche, un coup de rabot avait été donné en trop de sorte qu’il y avait un petit trou dans la table d’harmonie, un bloc de bois avait été collé dans le fond, limitant la résonance. Et j’en passe...

 Finalement, cette pochette vaut aujourd’hui le quintuple de ce que j'ai payé. C'est surprenant tout de même. Après l’avoir remise en ordre, il avait dessiné un modèle inspiré des images de ses livres et avait fabriqué la caisse de résonance. Cependant, par un bel après-midi d’été, la faisant sécher au soleil sur une des terrasses en pierre, un orage avait éclaté durant son sommeil. Je vous laisse imaginer le résultat. Trop mouillée pour chauffer le poêle, je crois bien qu’il l’a simplement jetée à la poubelle...  (à suivre)     

September 22

Sarah nous conte...La fille du luthier 2

[…]Il fit pour moi un violon 1/8 convenant à ma grandeur. Au fur et à mesure que je grandissais, il fabriquait de nouveaux violons. Il avait sculpté des têtes de gorgones sur quelques manches, mais il est revenu rapidement à la volute traditionnelle.  Il utilisait du sapin ou de l’épinette pour façonner la table d’harmonie du dessus, et de l’érable ondulé ou piqué, qu’il trouvait dans les voyages de bois qui servaient à alimenter le poêle en hiver, pour la table d’harmonie du dessous.  Il les faisait sécher sur la dernière planche du garde-robe du couloir durant environ cinq années avant d’en faire des violons. Il a également fabriqué deux violons en cèdre, si ma mémoire est bonne, mais cette essence craque plus facilement, alors il préféra l’épinette et le sapin. Il achetait chez les luthiers de Montréal la touche en ébène, non travaillée, les clefs, le cordier, la mentonnière, le chevalet. Lorsque le violon était prêt, c’était ma mère qui le vernissait patiemment et qui le sablait entre chacune des couches. Ensuite, il était poli avec une peau de mouton. Au fil des années, mon père entreprit de fabriquer tous les accessoires qu’il pouvait, notamment ses outils. Il a fait certains sillets en os, des cordiers, des touches et des clefs en bois de rose, en palissandre ou en amarante. Il utilisait du merisier et de l’érable pour les filets, et les personnalisa, tout comme ses chevalets dont la forme rappelle celle des cordiers baroques.

 

 Lorsque ma formation fut assez avancée, j'ajustai les violons avec mon père. Nous avions nos propres mots pour décrire la sonorité du violon (nasillard, brillant, feutré, de la gorge, sourd, enrhumé, limité, propre, égal, agressant, vers l'avant, etc.) J’appris que la forme des tables d’harmonies définit le son du violon et qu’un coup de rabot de trop peut en altérer dangereusement la sonorité. Lorsque le son manquait de propreté, il retouchait l’épaisseur du chevalet, en agrandissait les oreilles, sablait légèrement le dos du violon à certains endroits, et le tout se plaçait. Ensemble, nous découvrîmes que le bois continue à être vivant d’une certaine façon et que le son d’un violon n’est jamais achevé.

 

 En 1997, j’avais passé deux semaines au Camp musical de Lanaudière avec un violon non verni. Sa sonorité était tout simplement extraordinaire, jusqu’à ce que mon père le vernisse en deux semaines, afin qu’il soit prêt pour le voyage en France avec l’orchestre. Quelle déception!  Le violon avait perdu 40% de sa sonorité. Heureusement, elle s’améliore toujours approximativement trois ou quatre mois après que la dernière couche de vernis ait été appliquée et jusqu'à ce qu'il ait fini de durcir, une année plus tard. Pour améliorer ce processus, mon père suspendait ses violons aux arbres pour les sécher au soleil, ce qui donnait l’impression aux visiteurs de se promener dans une forêt de violons. […] 


 
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Sheenawrote:
Hey hey Bardefou !
 
On espère vous voir à T-shirt, Jean, Basket cette année ! Note
Donnez de vos nouvelles !Rire
Super le blogue, quelle bonne idée, on en parlera !
Au plaisir !
 
     Sheena
Oct. 22
Clarawrote:
Bienvenu dans la blogosphère trad! J'ai ajouté votre site à ma liste de liens utiles et nous mentionnerons votre à blogue à l'émission.
 
Christiane Campagna
Sept. 15
Sylviewrote:
Féliciations pour le blogue Robert.  Un blogue est une aussi bonne façon qu'un site web pour diffuser de l'information.  En effet ton fils est bien gentil de t'avoir aidé à implanter le tout.  C'est une très bonne idée (surtout que ces temps-ci il n'y a plus de radiotrad pour un certain temps (dommage).  Je suis *rire* un peu jalouse  *rire* de votre concept!  Bravo encore!
 
p.s. éventuellement je vais te transférer des photos qui ont été prises lors des auditions des P'tits Diablotins l'an dernier au presbytère de St-Jacques. 
 
À la revoyure!
Sylvie C.
Sept. 15
FX DJwrote:
Très bien le blog ^^ bonne continuation.
Ton fiston FX Clin d'oeil
Aug. 4